04.07.2008
Tête à Gauche
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Actualité
L'HEBDO DES SOCIALISTES N°496
L’or noir. L’image n’a jamais autant collé au pétrole. Les prix du baril se sont envolés et ça ne devrait pas s’arranger. Peu à peu, cette ressource s’épuise. Et comme tout ce qui est rare est cher, il faut s’attendre au pire. Il est donc impératif de préparer d’ores et déjà l’après-pétrole, d’anticiper cette évolution inéluctable. Ce numéro de l’Hebdo dresse un panorama complet de la situation : analyses, débats et perspectives. Un gisement d’idées pour imaginer une nouvelle ère énergétique.L'hebdo en ligne
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27.06.2008
Tribune de Julien DRAY
Le congrès de Reims, épreuve de vérité, par Julien Dray
LE MONDE | 26.06.08 | 12h54 • Mis à jour le 26.06.08 | 12h54
Le prochain congrès du PS est déjà celui de tous les paradoxes. On en appelle au débat d'idées ; pourtant, on a le sentiment de relire et d'entendre les mêmes positions dans toutes les interventions écrites et orales. On en appelle à refuser les fausses synthèses ; pourtant émergent des alliances plus qu'improbables, tant celles et ceux qui y prennent part ont défendu des positions opposées, sur l'Europe ou les 35 heures. On voue aux gémonies la perspective d'un congrès strictement tactique ; mais les concepts, comme celui de libéralisme, sont instrumentalisés à des fins de positionnement ou de contre-positionnement.
On rejette sur le premier secrétaire sortant la responsabilité de nos archaïsmes, alors que les militants se souviennent encore des multiples occasions où ces mêmes procureurs ont entravé la modernisation de leur parti. Paradoxe des paradoxes, enfin : rarement a-t-on vu un tel degré d'abstraction et d'éloignement de la réalité, alors même que les mots d'"efficacité", de "réalisme" et de "vérité" sont sur toutes les lèvres.
François Mitterrand disait que, bien qu'aimant et l'idéologie et la discussion, il n'était pas partisan de la discussion idéologique, c'est-à-dire désincarnée et coupée du concret. Faisons nôtre cet adage, et regardons en face la "vérité" du prochain congrès : reconnaissons que les vieilles oppositions ne fonctionnent ni n'existent plus au sein du PS, quels que soient les efforts faits pour nous le laisser croire. Nul ne peut se targuer d'avoir une solution clé en main, "de centre gauche" ou au contraire "vraiment à gauche", pour répondre aux défis du siècle : crise environnementale, affaiblissement du pacte social, dérive du capital.
Non, les socialistes français ne sont pas les éternels mauvais élèves de la classe sociale-démocrate que voudraient nous dépeindre les experts en modernité : les échecs récents du Labour anglais et du SPD allemand montrent que les solutions de "troisième voie" s'épuisent. A l'inverse, le triomphe des partis de gauche en Amérique du Sud trace des pistes qu'il serait bon de méditer. C'est en fait toute la famille sociale-démocrate qui doit se repenser. Encore faut-il qu'elle se rappelle d'où elle vient et qui elle est ; qu'elle refuse, tout simplement, de se laisser dicter son identité par l'air du temps, les critiques des commentateurs, et la pression de l'idéologie dominante. Et c'est ici qu'apparaissent les réelles divergences, celles qui devraient être soumises au vote des militants dans un congrès de vérité.
D'abord je l'affirme : il n'y a qu'une seule gauche, qu'un seul socialisme, riche de toutes ses cultures, comme le rappelle notre nouvelle déclaration de principes ; la gauche qui veut combattre par tous les moyens le projet de société porté par la droite. Et c'est là précisément la responsabilité historique du PS que de lutter pour cette unité de la gauche, difficilement construite par François Mitterrand. Quitte à être responsable pour deux.
Pour cette même raison, je revendique le rôle que j'ai joué, avec d'autres, dans l'élaboration de la synthèse établie au congrès du Mans : elle a évité l'éclatement du PS et le schisme au sein de la gauche qui aurait pu suivre la crise du traité constitutionnel européen, gauche du oui contre gauche du non, gauche prétendument sociale libérale contre gauche radicale. Sans cette réconciliation, il n'y aurait pas eu de candidat unitaire des socialistes, ni, par la suite, de candidat de la gauche au second tour à l'élection présidentielle de 2007. Que ceux qui en appellent à une "clarification" du PS nous expliquent comment ils reconstitueraient une coalition "progressiste" majoritaire en commençant par briser en deux sa colonne vertébrale !
Je ne suis pas non plus de ceux qui voudraient nier notre histoire. Comment réduire le rôle du PS à une gestion "managériale" de l'intérêt général, alors que notre pays est parcouru de clivages sociaux forts, dont le PS n'a pas pris toute la mesure, comme le prouve la désaffection des classes populaires à son égard, en 2002 et en 2007 ? Nous avons une mission historique : transformer en profondeur la société et lutter pour une juste répartition des richesses produites. Il faut donc admettre que le PS ne peut être le parti "de tout le monde" : nous devons désigner des catégories de Français à représenter et à défendre en priorité. Bien sûr, la "classe ouvrière" de l'époque est à construire, et à politiser. Elle prendra la forme d'une alliance des actifs, de tous ceux - travailleurs pauvres ou précaires, enfants d'immigrés discriminés, petits entrepreneurs pressurés par la sous-traitance des grands groupes, jeunes chercheurs sous-rémunérés, fonctionnaires déconsidérés - qui ont le sentiment d'être les laissés-pour-compte d'une époque où les super-profits spéculatifs culminent.
Cette alliance n'a pas encore conscience d'elle-même. La droite y entretient soigneusement des clivages violents : "assistés" contre "travailleurs qui se lèvent tôt", "racailles" contre "banlieues pavillonnaires", "défense corporatiste d'acquis" contre "intérêt général". C'est à partir de cette alliance que nous pourrons construire un rassemblement populaire et une stratégie d'union de la gauche, sur un socle sociologique, et non pas tacticien.
Nous devons nous prononcer clairement sur ces questions que j'entends, avec les militants, dans les réunions d'appartement que j'organise. Comment construire et développer un PS qui soit un puissant outil de transformation sociale ? Comment augmenter le nombre de nos militants pour mieux représenter la société ? Comment redevenir une machine intellectuelle capable de gagner la bataille des idées et de briser les fausses évidences des idéologues de droite ? En trouvant des réponses, nous pourrons aborder dans de bonnes conditions une réflexion collective.
Nous avons deux ans pour faire le deuil de l'Etat-providence des belles années de la social-démocratie - ce qui ne la condamne pas en elle-même, car l'exigence de justice sociale est plus forte que jamais. Nous avons deux ans pour définir un modèle d'Etat-entrepreneur, inventant de nouvelles normes de production et de consommation. En commençant par trois chantiers prioritaires : clarifier notre position sur les 35 heures, en reconnaissant les erreurs commises ; concevoir une nouvelle stratégie de croissance écologiquement et socialement responsable, menée par un Etat-entrepreneur combinant politique industrielle et de recherche, et défendant un véritable projet éducatif ; proposer une révolution de notre fiscalité, pour la rendre à la fois plus incitative pour les Français et plus rentable pour l'Etat.
Enfin, la prochaine direction du PS devra jeter les bases d'une union de toutes les forces de gauche, sous la forme d'un comité d'action ouvert aux dirigeants politiques, associatifs, syndicalistes et aux intellectuels. Ce comité sera chargé d'élaborer un contrat commun de gouvernement, par la tenue régulière d'assises de toute la gauche. Ce contrat sera le fondement d'ultérieures primaires pour désigner un candidat unique à l'élection présidentielle. Etre candidat à la responsabilité de premier secrétaire du PS, c'est accepter de répondre à ces questions. C'est cela, la seule vérité vraie du congrès.
Julien Dray est député socialiste de l'Essone.
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03.06.2008
LE CINQUIEME RISQUE
Non, ce n’est pas le titre d’un film catastrophe américain qui sort cette semaine. Mais celui d’un scénario-catastrophe que nous concoctent Nicolas Sarkozy et Xavier Bertrand pour 2009.
Qu’est ce que le « cinquième risque » ? La dépendance. Plus précisément (pour le moment) la dépendance liée à la vieillesse. D'ici à 2015, le nombre des personnes âgées dépendantes de plus de 85 ans passera de 1.300.000 à 2.000.000.
Ce 5ème risque s’additionnera aux 4 branches de la sécurité sociale : maladie, accident du travail et maladies professionnelles, famille et vieillesse. Quatre branches. Un risque. Le glissement sémantique n’est pas innocent.
Rappelez vous «La dépendance des personnes âgées est le plus souvent un risque assurable qui peut être couvert en partie par des produits financiers innovants. » Nicolas Sarkozy - Allocution à l'occasion du 40e Anniversaire de l'Association des Journalistes de l'Information Sociale- 18 septembre 2007.
Si les détails ne sont pas encore clairement définis, le principe de financement du 5ème risque est simple : les personnes dont le patrimoine dépassera un certain niveau, auront le choix entre recevoir une aide publique (l'APA ou allocation personnalisée d'autonomie) à taux réduit, sans toucher à leur patrimoine, ou la même aide à taux plein, mais "gagée sur leur patrimoine", et dont une partie reviendra aux fonds des départements destinés à la dépendance. Si elles optent pour l'aide publique réduite, elles pourront compléter leur couverture par des garanties d'assurance privées.
Les ministres proposent "un socle élevé de financement par la solidarité nationale", mais n'envisagent pas de prélèvement obligatoire supplémentaire (CSG ou cotisations sur les salaires), comme certains partenaires sociaux l'avaient réclamé. "L'évolution des besoins sociaux doit être accompagnée d'une meilleure répartition des financements au sein de notre système de protection sociale", indique le document du gouvernement remis à la CNSA, qui préconise un redéploiement des hôpitaux vers les soins pour personnes âgées, et une contribution de la branche famille "pour répondre à de nouvelles exigences de solidarité entre les générations".
Une nouvelle fois, sous l’emballage du bon sens, de la modernité et de la bonne gestion, derrière des arguments frappés du sceau de la logique et de l’équité sociale, c’est la politique du « chacun pour soi » et de la casse sociale qui se dessine. A traits grossiers.
Décryptons.
La population vieillit, les progrès de la médecine permettent de vivre plus vieux, le nombre de personnes très âgées, mieux prises en charge augmente, cela coûte plus cher.
Oui.
Les besoins augmentent, donc les besoins de financement augmentent.
Logique.
Pour ne pas augmenter les prélèvements obligatoires, il faut trouver d’autres modes de financement.
Tiens… ? Pourquoi pas. Taxer les stock-options, comme le proposait Philippe Seguin pour financer la sécurité sociale ?
Xavier Bertrand avance une autre piste : la "participation volontaire et limitée" prélevée sur le patrimoine des personnes âgées après leur décès. Ou l’assurance privée.
"Cette idée va dans le sens de l'équité et de la solidarité, puisque la récupération ne concernera que les personnes les plus fortunées"
Ah, en effet, seront tentés de dire certains. Car quand on lit « personnes les plus fortunées » on pense aussitôt aux grandes fortunes.
Celles qui ont bénéficié, à l’automne 2007, de 15 milliards d’Euros de « cadeau fiscal »
Celles qui ont été exonérées des droits de succession sur les gros patrimoines.
L’idée serait-elle donc de récupérer sur les grosses fortunes la participation à la solidarité nationale dont elles viennent d’être en partie exonérées ?
Non. Pour ce gouvernement la « fortune » commence à un patrimoine de 150 000 euros. Même pas le prix d’un deux-pièces en banlieue.
Cette mesure touche donc directement les classes moyennes, qui auront le choix entre travailler toute une vie sans pouvoir laisser de patrimoine à leurs enfants (et on sait à quel point les français sont attachés à cette notion de patrimoine, un des facteurs de l’ascension sociale notamment pour les classes moyennes) ou payer toute leur vie une assurance privée.
En termes économiques cela s’appelle une « clientèle captive »
En termes politiques cela marque le basculement franc et brutal d’un système solidaire vers un système de prise en charge individuelle. Totalement inégalitaire. Et qui n’a rien de « moderne», au contraire.
Et si nous acceptons ce principe, cela veut dire que nous acceptons, par avance, qu’il soit étendu à toutes les formes de dépendance, liée à la maladie ou au handicap…
Cela veut dire que nous accepterions la privatisation de la protection sociale…
Cela veut donc dire qu’il est urgent de comprendre la manipulation, et de réagir, avant qu’il ne soit trop tard.
Signez et faites signer l’appel en ligne :
ENSEMBLE POUR UNE SANTE SOLIDAIRE
(cliquez sur le lien)
10:38 Publié dans EDITO | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.02.2008
Réponse à la droite
14:32 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


